Europe: Il est grand temps qu’on légalise la prostitution !

Par Matilda Pillonel 

La prostitution est un sujet très délicat, mais il est évident que la situation actuelle ne fonctionne pas à cause des lois qui enfoncent les prostitué(e)s dans l’illégalité. Bien que 80% des prostituées aient subi des violences physiques, elles ne peuvent pas actuellement porter plainte à la police : il n’existe aucune protection pour elles et il est donc plus difficile de les aider. Avec la légalisation, les travailleuses et les travailleurs ne seraient plus obligés de se cacher dans les zones reculées, ce qui permettrait aux autorités de les identifier en tant que victimes plutôt que criminels.

 

_84799490_prostitution_map_624

 

Il est évident que si on veut légaliser la prostitution, il faut qu’on pénalise les proxénètes, pour que les travailleuses puissent sortir des griffes du crime organisé et devenir indépendantes. Bien qu’en 2000 le Pays-Bas ait légalisé la prostitution, ils n’ont pas puni les proxénètes, donc ils sont devenus les « hommes d’affaires » qui exploitent les prostituées et, par conséquent, la violence augmente. Actuellement, beaucoup de prostituées se rabattent sur les proxénètes pour éviter de se retrouver sur la rue toute seule. De plus, certains groupes utilisent les « lover-boys » qui entrainent surtout les jeunes filles, et les faire rentrer dans la prostitution. Les réseaux des proxénètes sont étroitement liés aux problèmes de la traite et souvent à l’exploitation sexuelle des immigrés. En Suisse en 2013 il y avait 61 cas de la traite des êtres humains, dont la plupart ont impliqué l’exploitation sexuelle ; mais ce chiffre est 78 cas de moins que celui de 2012, avant la légalisation de la prostitution.

Pour certains, la légalisation alimenterait le marché noir ; mais si on aboli la prostitution, il y aura non seulement un plus grand marché noir, mais il y en aura un où les prostituées resteraient clandestines, seules, et sans protection. Pour que la légalisation de la prostitution soit effective, il faut renforcer le cadre législatif. C’est-à-dire que les gouvernements doivent augmenter les pouvoirs de la police pour trouver les proxénètes. En outre, en France 90% des prostituées sont issues de l’étranger, un chiffre qui, en 1990, a seulement atteint 20%. Cela démontre un problème avec les politiques de l’immigration en Europe plutôt que la prostitution elle-même, surtout l’espace Schengen qui permet la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’Union Européenne. Donc, les pays européens doivent aborder le problème collectivement pour assurer que les prostituées peuvent travailler légalement et sous la protection de l’état.

La légalisation propose une prostitution choisie, c’est-à-dire, la prostitution ‘consentie’ plutôt que la prostitution ‘forcée’ ou ‘sous-contrainte’. Bien que le travail sexuel ne soit pas l’emploi désiré en générale, il existe beaucoup qui ont choisi la prostitution puisque elle leur permet de choisir leurs heures et de gagner d’argent plutôt que se trouver au chômage. Le plus important est qu’ils ne se sentent pas pris au piège dans cette industrie. C’est-à-dire que l’état fournit une alternative à la prostitution et les moyens pour qu’ils puissent en sortir. En outre, afin que la légalisation soit efficace pour les travailleurs de sexe, il faut qu’elle soit à condition des bénéfices de protection, y compris la réglementation des tarifs, l’accord des conditions de travail spécifiques et la possibilité de contribuer à un plan épargne retraite.

Avec ces précautions, la légalisation améliorerait également l’accès au soutien des prostituées. Prenons le cas de Zurich en Suisse où l’organisation Flora Dora offre aux travailleuses de sexe l’accès aux conseils de santé, un statut reconnu par la société, et les conditions de travail officielles. Ce soutien leur donne de l’assurance et de la confiance.

77902-K51kOF_Ao7dpMFIZndsQNA

 

Il est donc évident que la situation actuelle doit changer : dans une démocratie il est nécessaire qu’on traite les travailleurs de sexe comme les citoyennes et les citoyens plutôt que les criminels. La légalisation ne fait pas que partie d’un argument féministe, mais également d’un d’égalité qui respecte les choix et l’indépendance de chaque individu dans la société.  Les racines du problème sont liées, d’un côté, à la mafia qui exploite les femmes et les hommes vulnérables, et d’un autre, au manque d’unité et de soutien dans la société elle-même. Je ne propose pas que la prostitution ressemble aux problèmes de la tolérance et de la radicalisation, mais certaines solutions ne se trouvent pas dans la violence où la force du gouvernement ; parfois il nous faut une plus profonde intégration afin de rétablir la confiance dans la société actuelle.